La revue financière a révisé à la baisse les prévisions officielles de déficit et de dette pour les années à venir. L’Espagne continuera d’être l’un des pays avancés où le déséquilibre fiscal est le plus important

Le déséquilibre entre les recettes et les dépenses du secteur public sera beaucoup plus important que prévu par le gouvernement. C’est le point de vue de la Revue financière présenté chaque année par le Fonds monétaire international (FMI) lors de son assemblée d’automne, qui renverse littéralement les dernières projections de l’exécutif en matière de déficit.

Alors que le ministère des Finances prévoit un déficit équivalent à 1,8% du PIB pour l’année prochaine, les économistes du Fonds l’évaluent à 2,3%. Il en sera de même dans les exercices suivants. Les dernières prévisions gouvernementales publiées le 20 juillet dernier estiment un déséquilibre de 1,1% en 2020, mais le FMI le porte à 2,4%. La distance est également importante en 2021. L’exécutif estime qu’il devrait atteindre un déficit de 0,4% du PIB cette année-là, mais le Fonds le porte également à 2,5%.

Prévisions du FMI

Les estimations du Fonds ont été établies sur la base de la dernière mise à jour du programme de stabilité de l’Espagne transmise à Bruxelles par le gouvernement précédent, mais aussi à la lumière de ses propres prévisions. En d’autres termes, ils n’intègrent pas l’augmentation du fardeau fiscal annoncée par le gouvernement. En tout état de cause, le déficit consolide l’Espagne comme le pays présentant le plus grand déséquilibre fiscal en Europe sur la période analysée, ce qui explique les progrès limités dans la réduction de la dette publique.

Le Fonds monétaire international, en particulier, estime que le volume de la dette publique en circulation s’établira à 92,6 % du PIB en 2023, soit une réduction d’un peu moins de huit points en une décennie, malgré le fait qu’au cours de cette période l’économie aura connu une croissance robuste. Dans tous les cas, plus de 2% par an. Le gouvernement précédent (le nouveau gouvernement n’a pas encore fait de prévisions) avait estimé que la dette publique atteindrait 89,1% du produit intérieur brut en 2021.

La cause de cette progression minime de la réduction du déficit et de la dette est liée à la faible réduction des dépenses publiques (1,1 point de PIB entre 2018 et 2023), mais aussi aux difficultés du secteur public à augmenter ses recettes.

Evolution de la dette espagnole prévue par le FMI

Concrètement, selon le FMI, les recettes se situeront entre un minimum de 36,8 % du PIB en 2023 et 37,9 % en 2018, ce qui explique que le déficit public ait un caractère structurel. En fait, l’Espagne continuera d’enregistrer un déficit primaire dans les années à venir. En d’autres termes, même l’élimination des coûts financiers, ce qui donne une idée de la chronologie du déséquilibre entre les recettes et les dépenses. Et ce malgré la politique monétaire ultra-expansive de la Banque centrale européenne, qui a fait chuter les taux d’intérêt et cessera d’acheter des actifs publics d’ici la fin de l’année.

Actif et passif

Le rapport du FMI, et par rapport à l’économie mondiale, attire l’attention sur un fait qui, comme le soutiennent ses économistes, passe généralement inaperçu : la relation entre le volume des actifs entre les mains du gouvernement et les passifs auxquels il doit faire face avec les citoyens et les entreprises dans le temps. Et le résultat est plus que révélateur.

Eh bien, selon le FMI, la valeur des actifs s’élève à 101 billions de dollars en 2017, ce qui équivaut à 219% du PIB des pays inclus dans l’échantillon. Au total, 31 pays représentant 61% du PIB mondial.

Ce chiffre inclut 120% du PIB en actifs des entreprises publiques. Il contient également les ressources naturelles qui, en moyenne, représentent 110% du PIB des principaux pays producteurs. La reconnaissance de ces actifs, affirment les économistes du FMI, n’annule pas les vulnérabilités liées à la mesure standard de la dette publique des administrations publiques, qui représente 95% du PIB de ces pays. Cette valeur ne représente que la moitié des engagements totaux du secteur public, soit 198 % du PIB, qui comprennent également 46 % du PIB d’engagements de retraite déjà accumulés.

Selon le Fonds, il existe des preuves empiriques que les marchés financiers accordent de plus en plus d’attention à l’ensemble du bilan public et que la solidité du bilan accroît la résistance de l’économie à une crise du revenu.

Selon le FMI, les cicatrices de la crise financière mondiale sur les actifs publics “sont encore visibles une décennie plus tard. Bien que les déficits aient été réduits, du moins dans les économies avancées les plus touchées, les actifs financiers nets des pays de l’échantillon restent à 11 billions de dollars, soit 28 points de PIB de moins qu’avant la crise.

À cet égard, le rapport estime que les actifs financiers nets détenus par le gouvernement se sont détériorés pour atteindre environ 8 % du PIB, principalement en raison de l’endettement infranational et des mauvaises performances des entreprises publiques.

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